Et le malade, il compte pour du beurre ? @stocklib

Les médecins pratiquant dans les CHU sont tenus de former les internes en les intégrant à leurs consultations. Mais cela ne doit pas se faire au détriment de la communication avec le patient. Nous leur suggérons de se mettre 5 minutes dans la peau de cette dame.

 

Une consultation dans un hôpital universitaire parisien. La patiente, une dame d’un certain âge accompagnée de sa fille. Face à elle, le médecin, spécialiste de son domaine et son interne.

Après les salutations d’usage, le médecin entame une petite conversation privée avec son interne. Le but étant de dispenser des conseils sur la façon de poser des questions à un malade.

Puis vient le moment d’interroger la dite-malade. La dame, certes âgée et un peu sourde, parle parfaitement français et a toute sa tête. Pourtant, c’est sa fille que l’on questionne. Il faut à présent examiner la patiente. Une dizaine de minutes se sont déjà passées depuis le début de la consultation et le médecin titulaire n’a pour l’instant toujours pas établi de contact visuel avec sa patiente.

Et voici le diagnostic. La patiente attend qu’on lui dise de quoi elle souffre. Elle le saura…indirectement lorsque le titulaire délivre ses conclusions à son interne !

Résultat de la consultation : Sur une vingtaine de minutes, le médecin s’est adressé directement à sa patiente à peine cinq minutes. Le reste du temps, il l’a passé à professer. Normal, pour un hôpital universitaire. Après tout le patient est prévenu.

Non, pas si normal, car la consultation permet aux étudiants de voir l’enseignement qu’ils reçoivent mis en pratique. Or, qu’apprend l’interne ici ? Que le patient compte pour du beurre ? C’est peut-être exagéré. Toujours est-il qu’il n’a pas appris ce jour là à se comporter face à ce qui constitue pourtant l’élément essentiel de la médecine : le malade.