Le Radeau de la Méduse est exposé au musée du Louvre à Paris
Le Radeau de la Méduse est exposé au musée du Louvre à Paris
D.R.

Nous connaissons tous Le Radeau de la Méduse, l’un des tableaux les plus célèbres du Louvre. Mais connaissez-vous l’une des anecdotes qui se cache derrière sa création.

 

Le Radeau de la Méduse, de Théodore Géricault est sans doute l’un des tableaux les plus célèbres au monde. Inspiré du naufrage de la frégate la Méduse, en 1816, au nord du cap Blanc, dans l’océan Atlantique.

Le radeau de l’horreur

Le radeau est celui sur lequel tenteront de survivre les 150 hommes d’équipage abandonnés à leur sort par le commandant. Avec pour seuls aliments des biscuits et du vin, il dériveront pendant des jours avant d’être secourus. Seuls dix hommes pourront être ranimés. Les autres sont morts noyés, ou se sont entretués ivres, pris de désespoir ou de folie. Certains ont mangé les cadavres pour survivre.

Mais le cauchemar continue à leur retour pour les rescapés qui sont accusés par certains journaux royalistes d’anthropophagie. Il faut dire que le capitaine était un comte, appointé par le roi Louis XVIII et qu'il avait été reconduit dans ses fonctions à son retour. Pour faire passer la pilule, il fallait bien faire diversion et trouver un autre coupable: ce seront les survivants. Géricault les rencontre et décide de les défendre à travers cette peinture.



Les visages de de l'horreur

Pour que l’œuvre retrace le plus fidèlement possible les atrocités vécues par les naufragés du radeau, Géricault cherche l’expression la plus ultime de la souffrance… et il la trouve à l’hôpital Beaujon, où il passe beaucoup de temps à étudier les visages des agonisants, des cadavres et les corps amputés.

Pour être au plus près de son sujet, il s'installe même dans un atelier près de l'établissement. Il ira jusqu'à dessiner dans la morgue de l'hôpital ou emprunter des morceaux de cadavres pour les étudier en détail. Parmi les modèles qui poseront pour lui, il y a Delacroix, mais aussi un malade.

Une fois son travail d'étude effectué, Géricault met 9 mois pour peindre la toile, 9 mois durant lesquels il s'enferme presque complètement dans son atelier.

D'une certaine manière, on peut considérer que l'œuvre l'a conduit aux abords de la folie, mais cette mise en perspective de l’imminence de la mort, de la peur et de la souffrance que représente Le Radeau de la Méduse a rarement été égalée depuis.

D’aucuns y ont vu un symbole des souffrances du peuple français sous la houlette de Louis XVIII. Géricault s’en est toujours défendu, en disant que l’œuvre était avant tout une allégorie de l’horreur et la réaction d'un citoyen devant les souffrances humaines.