A-t-il inventé l’art thérapeutique ?

On le connaît plutôt pour ses frasques et ses récits érotiques, mais le marquis de Sade qui fut interné à deux reprises en hôpital psychiatrique est aussi vu comme un précurseur en matière d’art thérapeutique.

Au sein des hôpitaux de Saint-Maurice (94) se trouve l’ancien hôpital psychiatrique Esquirol qui n’est autre que l’ancienne maison royale de Charenton. Créée par les Frères de la Charité, elle fut dès le début du XVIIIe siècle reconvertie accueillir ceux qu’on qualifiait alors d’insensés, souvent issus de milieux aisés. Parmi les patients célèbres, on peut ainsi compter Le comte de White ou Paul Verlaine

Mais l’hôte le plus célèbre des lieux  fut sans aucun doute le marquis de Sade, qui y fut  interné à deux reprises. La première fois peu avant la Révolution, en 1789 et la seconde fois en 1803. Durant son second internement, il tissa des liens particuliers avec le directeur, François de Coulmiers qui l’autorise à organiser des représentations théâtrales. Les pièces étaient jouées par des acteurs professionnels et des malades de l’institut. Le tout Paris se précipitait alors pour assister aux soirées de Charenton.

Coulmiers a-t-il fait cela parce qu’il croyait aux vertus de l’art-thérapie ou simplement pour se faire de l’argent sur le dos des malades ? Là-dessus les versions diffèrent, selon que Coulmiers est vu comme un homme qui a introduit des méthodes de psychiatrie plus modernes ou comme un dictateur soucieux de tout régir, ainsi qu'il est décrit dans la pièce Marat-sade de Peter Weiss.

Toujours est-il que l’on considère souvent ces représentations comme l'une des première trace d’un usage thérapeutique de l’art à l’hôpital. Depuis l’idée a fait son chemin et le théâtre, mais aussi la peinture ou la musique sont devenus des éléments thérapeutiques à part entière, notamment en psychiatrie.