Yellow Birds, LE roman sur la guerre en Irak ?

On dit que chaque guerre porte une grande œuvre littéraire en elle. La guerre en Irak vient peut-être de trouver le sien dans le premier roman de Kevin Powers.

« La guerre nous tua ce printemps. » On y est dès la première phrase du livre. La guerre vous prend aux tripes et ne vous lâche plus. La mort, elle-même n’émeut pas plus que cela.  Elle fait partie de la routine. 

Nous suivons le soldat Bartle, la vingtaine à peine, qui revient au pays à la fin de son service en Irak. Des raisons de son engagement ou même de ce qu’il pense de la guerre, nous en saurons très peu. Non, ce qui est vraiment au cœur de ce roman, c’est plutôt l’errance du survivant. Celle d’un soldat qui a vu son frère d’armes se faire tuer. Celle d’un jeune homme qui a fait une promesse et qui doit à présent vivre avec le fait de ne jamais la tenir.

Le héros de Yellow Birds évolue constamment entre deux mondes, à l’image de la structure du roman marquée par d’incessants va et vient entre les souvenirs d’Irak et le retour au pays, pour mieux mettre en relief le quasi détachement d’un Bartle devenu d’autant plus étranger à sa vie d’antan que les fantômes de ceux qui y sont restés continuent de le hanter.

Le premier roman de Kevin Powers, qui est lui-même un ancien engagé, dresse un constat sobre et terrible : on ne revient jamais totalement de la guerre, même lorsqu’on y survit. Yellow Birds est-il Le roman de la guerre d’Irak ? A vous de le dire.

Yellow Birds, de Kevin Powers. Edts Stock, coll. La Cosmopolite. Env. 19 €.